Une demi-heure plus tard, Tyler arrivait à la porte du petit appartement de
Laura et faisait tourner sa clé dans la serrure comme à son habitude.
Sauf que cette fois son état d'esprit rendait chaque petit geste banal crucial,
c'était sûrement la dernière fois qu'il pouvait faire ces choses là et il en ressentait
un petit pincement au coeur... Mais il fallait couper les ponts maintenant avant
d'en souffrir de
façon démesurée. Il espérait qu'il
n'était pas déja trop tard...

Elles étaient là, étalées sur le canapé à moitié défait, sûrement encore sous
les effets de l'alcool ingéré dans la soirée à peine terminée. Mais comment
annoncer la fin d'une histoire à l'aube d'une nouvelle année ? Comment faire
sombrer quelqu'un en une telle période d'espoir ? La culpabilité le dévorait
doucement, surtout en la voyant dormir ainsi, si loin de se douter...
Il approchait lentement du lit, un pas en avant, deux pas en arrière, comme pour
retarder encore un peu ce moment difficile à passer que bon nombre de couples
devaient traverser un jour. Et puis soudain l'image d'Holly en tête lui donna une
once de courage supplémentaire pour foncer tête baissée et arracher le
pansement d'un coup sec...
Il se positionna délicatement sur le bord du lit et souleva la tête de Laura,
toujours profondément assoupie, qui déplaça dans un réflexe inconscient sa tête
sur ses genoux, le bloquant totalement.

- Laura...Laura...murmura-il à son oreille, ce qui fit qu'elle attrapa sa main
et se blotit encore plus contre lui, sans pour autant bouger ou se réveiller.
Je t'en prie, ne rend pas les choses plus difficiles qu'elles ne le sont déja !
Allez, REVEILLE TOI ! cria-il subitement, à bout de nerfs.
La jeune femme sembla sortir de son sommeil et resta ébétée quelques secondes
en se frottant les yeux, comme pour réaliser qu'elle n'était plus en train de rêver
mais qu'il était bien là, face à elle. Un sourire illumina son visage.

- Tyl ? Qu'est ce que tu fais là ?
Je pensais pas te voir aussi rapi...
- Tu peux venir avec moi dans la cuisine ?
la coupa-il. Il faut que je te...
- D'accord, si tu veux...le coupa-elle à son tour, l'esprit embrumé,
mettant fin sans s'en rendre compte à une phrase toujours annonciatrice
de mauvaises nouvelles.


Commentaires