// EPILOGUE //
-- Une semaine plus tard --

"Votre attention s'il vous plait. Le train à destination de Boston vient d'entrer en
gare. Je répète, le train de 19h27 en direction de Boston vient d'entrer en gare.
Nous vous prions de bien vouloir vous diriger sur la voie 6 pour monter à bord.
Départ prévu pour dans quelques minutes. Merci de votre attention."
En entendant cette annonce, le jeune homme redoubla d'efforts pour arriver à
temps. Il ne fallait surtout pas qu'il le rate, il ne se le pardonnerait jamais...
Pas après tout ce qu'il avait vécu ces derniers jours.
Après une course effrénée, il arriva enfin à la voie 6.
Il jeta des regards perdus et affolés aux quelques retardataires qui rentraient
dans les wagons, il ne l'aperçut pas. Il entreprit alors longer tout le quai en courant,
il l'apercevrait forcément à travers les fenêtres ! Il avait peur, si peur...Il se sentait
affreusement mal, les larmes ne tarderaient pas à couler le long de ses joues,
mais il se retenait le plus possible. Pas encore...Il en était déja au cinquième
wagon et toujours rien, il était au bord de hurler de désespoir. Son coeur meurtri
bondissait dans sa poitrine à un rythme affolant et douloureux. Son crâne était prêt
à exploser. Mais il n'abandonnerait pas maintenant ! Il fallait qu'il le trouve !
Quelques secondes plus tard, une silhouette attira son attention.
Aussitôt il fit demi-tour et se figea, il était là, il était bien là !
Il ne savait pas s'il
allait exploser de joie ou fondre en larmes...

Il posa sa main sur le carreau, essouflé après ce sprint depuis chez lui.
Samuel l'avait prévenu, il ne savait pas pourquoi, vu leur "entente" mutuelle,
mais pour ça il ne le remercierait jamais assez. Il ne l'avait pas vu depuis
son entrée à l'hôpital, il refusait toujours catégoriquement de le voir...
Mais l'appel furtif que Samuel lui avait adressé avait changé la mise.
"Viens tout de suite à la gare, c'est urgent, il part..."
N'y tenant plus, il
se mit à hurler de toutes ses forces...
- CAMERON !

Le concerné tourna alors la tête dans sa direction, son coeur eut un raté.
Qu'est ce qu'il faisait là ? pensait-il en sentant ses jambes se dérober sous lui
alors qu'il était déja confortablement installé dans son siège. Qui avait bien pu le
prévenir de son départ ? Il pensa aussitôt à Samuel et son visage s'assombrit.
Il se sentait mal, réellement mal, aussi faible que quand il avait pris tous ces
médicaments...Et pourtant, il ne pouvait plus lâcher le regard de celui pour qui
il aurait été prêt à mourir quelques jours plus tôt. Une fascination inquiétante et
morbide l'habitait. Sans jamais l'avouer à Samuel, il était content de le voir, une
dernière fois...Même s'il se forçait à se persuader du contraire jusqu'à maintenant.
Il savait très bien qu'il ne pourrait plus partir s'il le revoyait...S'il réalisait à quel point
le manque serait atroce. Il était lâche, mais il ne pourrait plus vivre avec lui et faire
comme si de rien n'était. Il avait honte, terriblement honte, et il l'aimait d'une façon
démesurée, douloureuse...Il fallait qu'il parte, qu'il recommence tout à zéro.
Une nouvelle vie l'attendait là-bas, il en était persuadé.
Les deux hommes n'eurent pas besoin de mots pour se comprendre...
Chacun demandait mentalement à l'autre pourquoi il était là, et ils cherchaient
l'un l'autre les réponses dans leurs regards torturés. Tout deux comprirent qu'ils
étaient là pour la même raison, celle qui les unissait depuis toujours.
Tyler fut encore le premier à craquer.
Sans le quitter des yeux, il explosa en larmes.
- Je t'en supplie, me laisse pas...criait-il d'une voix éplorée, se fichant bien du
regard des passants. ME LAISSE PAS ICI SANS TOI ! hurlait-il maintenant.
Cameron amorça un début d'un sourire qui se termina en grimaçe, ses lèvres se
mirent à trembler, ses sourcils à s'arquer, et sans s'en rendre des larmes se mirent
aussi à perler sur son visage, des larmes de souffrance et aussi de bonheur, des
larmes qui lui brouillaient la vue et le brûlaient littéralement. Des larmes de
libération...
- Je suis désolé...murmura-il en ne cherchant plus à cacher sa douleur.
Mais je ne peux pas. J'en peux plus, tu comprends pas...?
Il éclata en sanglots en apercevant Tyler prendre la tête entre ses mains, semblant
souffrir comme personne. Il ne l'avait jamais vu ainsi, totalement abandonné à son
chagrin...Il avait plus que tout envie de le prendre dans ses bras pour le consoler,
mais il savait que ce contact serait terrible, pour eux deux. Alors il se contenta
de se rapprocher de
la vitre contre laquelle il s'appuyait, comme un
aimant...