84  posté le mardi 04 décembre 2007 20:52

 

 

A ma grande surprise, Tyler tambourina à l'entrée. Je relevai à peine la tête

 et continuait à faire la morte, après tout c'est ce que j'étais à l'intérieur, alors...

Mais il ne se démonta pas pour autant et donna un grand coup de pied dans la porte,

 faisant sauter le verrou.

S'il croit qu'il ne va pas me rembourser, il peut toujours courir !

 

Bien trop occupée à calculer la future note du serrurier, et les dommages et intérêts

que je pourrais obtenir si je portais plainte pour effraction, je ne fis pas plus

 attention que ça aux deux jambes prostrées juste devant moi. Belles, soit-dit en

passant... Mais s'il croit qu'il va me faire bouger,  il peut à nouveau toujours courir !

 Je suis chez moi ! Je fais ce que je veux !

 

 

Toujours perdue dans mes pensées, occupée à l'insulter de tous les noms et à lui

hurler mentalement dessus (je pense qu'il a déja eu sa dose tout à l'heure), je n'eus

 pas le temps de réagir lorsque ses deux bras (musclés) me firent décoller du sol...

Je n'émis alors qu'un vague grognement intempestif de réprimande (qui pourrait se

résumer à "Gnurfff") et le toisai de haut en bas, lui en voulant de venir encore une

fois faire son sauveur, non mais, et puis quoi encore ! Chose dite, chose faite.

 

- Maintenant tu vas arrêter de venir jusqu'à chez moi pour jouer au prince charmant

sauveur de ces dames, ce n'est pas ça qui te rachètera aux yeux des autres, et

encore moins aux miens ! criai-je d'une traite, j'avais encore des réserves !

 

 

- Pardon ? Faire le sauveur ?

Ah mais pas du tout rassure toi si c'est ce qui t'inquiète !

Si je suis là, c'est pour que tu me fasses des excuses, et rien d'autre !

 

lien permanent

85  posté le mercredi 05 décembre 2007 16:17

 

- Des...

Des excuses tu dis ?

 

- Oui.

 

- Humph...Ha...Haha...

Hahahahaaaaa !

 

Sans m'en rendre compte, je partis dans un fou rire monstrueux, qui servait à

dissimuler ma gêne face à lui. Je m'étais encore fait des fausses idées,

pas question de passer encore une fois pour une idiote !

J'allais lui montrer que je lui tenais toujours tête, même si ce n'était que factice...

Mon rire sonnait un peu faux, j'espérais qu'il ne le remarquerait pas.

 

- Tu rigoles là hein, c'est ça ? prononçai-je difficilement, en étouffant mon rire,

et surtout mes larmes, bien réelles elles.

 

 

 

Il éclata à son tour de rire. Un rire bien trop prononcé pour qu'il soit réel.

Cinq secondes plus tard, il s'arrêta brutalement et me fixa de son regard

le plus sérieux, et le plus moralisateur aussi...

 

- Non.  dit-il d'un ton grave.

 

Je rêve où il se fout de ma gueule ?!

Non, je ne rêve pas...

Second plan d'action...

L'attaque, qui est la meilleure de mes défenses !

 

Parce que même si jamais je ne me l'avouerais, il avait raison...

Et moi tort...

Mais qu'importe, il fallait que je garde le peu de dignité qu'il me restait !

lien permanent

86  posté le mercredi 05 décembre 2007 16:31

 

- Et pourquoi ça ? Parce que j'ai abimé l'égo de monsieur le playboy ?

prononçai-je d'une voix enfantine, tout en faisant la moue de circonstance.

 

- Non, parce que tu t'en es pris injustement à moi, et que tu le sais !

En plus qu'est ce que tu fais allongée toute seule dans le noir à boire ?

Tu crois vraiment que c'est la solution à tes problèmes ?!

 

Je me sentais comme une gamine prise en faute, prise à mon propre jeu.

Je savais aussi qu'à chaque nouvelle répartie qui avait pour but de le remettre

à sa place , c'est moi qui m'humiliait...Mais plutôt mourir que de me montrer

faible face à lui, face à un salaud, encore une fois !

 

- Il faisait pas noir quand j'ai commencé, rétorquais-je d'une voix grave,

n'ayant finalement plus la force de continuer ce petit jeu face à lui.

J'avais tort, j'avais perdu, j'allais en accepter les conséquences.

 

- Insulte moi, si ça peut te soulager...

Je l'ai mérité de toute façon.

 

 

- Non parce que contrairement à ce que tu crois, moi je ne suis pas un salaud !

J'ai eu peur, j'ai eu moi aussi un moment de faiblesse et j'ai fuit à toute vitesse.

Mais je ne veux pas refaire la même erreur. Alors même si tu es une vraie

furie quand tu es en colère, une vraie folle sur les bords certainement aussi,

et bien je reste ! J'ai une dette envers toi ! Enfin envers toi et Laura...

 

Silence...Moment de gêne intense pour ma part.

J'étais plus âgée, mais beaucoup moins mature que lui...

Je ne savais plus quoi dire, j'avais l'impression que mon coeur allait

déchirer ma poitrine, et je ne savais pas à quoi c'était du...

La colère, la tristesse, la reconnaissance, ou...

 

Non ! Je devais tout de suite reprendre mes esprits, et pour ça,

rien de mieux qu'une petite pique !

lien permanent

87  posté le mercredi 05 décembre 2007 16:53

 

- Tsss, séducteur de pacotille !

 

- Ah oui ? Pourtant mon charme semble opérer sur toi aussi, non ?!

balança-il en un éclair, ce qui eut le but escompté, je fus foudroyée sur place.

 

Alors, il l'avait ressenti ? J'étais si peu discrète ?! Seigneur, tuez moi...

Si l'on pouvait mourir de honte, j'aime mieux vous dire que je serais déja

 six pieds sous terre à l'heure qu'il était...

Mes joues se colorèrent instantanément.

 

- Que...Je...Euh...Haha...Tu...Arrêtes de te faire des films petit !

Je les prends pas au berceau moi !, criai-je au comble de la honte,

en me cachant encore une fois derrière un rire faux.

 

- Tu bégaies toujours à ton âge quand tu es gênée ? C'est mignon !

Il accompagna sa phrase d'un grand sourire, vrai cette fois.

Je rougissai de plus belle.

 

- C'est l'alcool ! Rêves pas, ducon...

 

Il me toisa à son tour avec un sourire mi-ironique, mi-charmeur.

 

 

- T'es une violente toi !

Je te vois bien un peu sado sur les bords, avoue !

 

Nous éclatâmes de rire.

Bizarrement, je n'avais jamais été aussi gênée de toute ma vie.

Mais ce cap passé... J'étais à présent très à l'aise avec lui.

Je pouvais l'insulter gentiment et lui me draguer pour me faire rougir

sans qu'il n'y ait plus aucun embarras. Enfin... Je crois...

 

Une réelle amitié sans plus aucun sous-entendu pouvait-elle se former après cela ?

Il percevait mes faiblesses, je connaissais la sienne.

Il m'avait vu misérable, je savais qu'il l'avait été.

Je me sentais...bien.

Peut-être un peu nauséeuse à cause des battements de mon coeur et du saké,

mais bien...Mieux en tout cas. Je savais que j'aurai toujours un allié auprès de moi.

En toutes circonstances !

 

 ----------------

 

Quoi que...

Le destin semblait continuer à s'amuser avec moi...

lien permanent

88  posté le mercredi 05 décembre 2007 17:10

 

Vous avez déja remarqué comme il peut ne rien se passer pendant des mois

 dans votre vie, et que tout soit chamboulé en une seule journée ?

 

 

C'est bien souvent le cas...Ici aussi.

 

 

Si j'avais su quelques secondes plus tôt que j'allais avoir cette vision enchante...

cauchemardesque, j'aurais tout de suite attrapé un stylo pour me crever les yeux.

J'exagère encore une fois ? Peut-être...N'empèche que je n'étais pas bien loin de

la réalité. Surtout quand j'ai réalisé que non seulement il pénétrait dans mon

modeste appartement, qui n'était rien comparé à notre ancienne maison, mais

 qu'en plus il me voyait dans un état misérable, à moitié saoule, dans sa chemise

sale empruntée par erreur, plus bas que terre...Il allait avoir de quoi rire avec sa

pouffe en repensant à ce que j'étais devenue sans lui. Achevez moi...

 

Ces chaussures, toujours impeccablement cirées...
Ces jambes, longues et fines, mais musclées, poilues juste comme il faut.

Ce...Bref...Je dirigeai mon regard au niveau supérieur.

Ce torse, admirablement musclé lui aussi, avec quelques beaux carrés de

chocolat agréablement bien dessinés, et ces pectoraux en acier trempé...

 

 

Cette bouche, douce et dessinée à la perfection...

Ce petit nez qui m'avait toujours fait craquer.

Ces yeux qui...

 

A peine avais-je croisé son regard que je baissai rapidement les yeux,

gênée, humiliée, et horriblement abbatue. Son regard de braise m'envoutait

et me brûlait la peau, affutait tout mes sens, me réduisait en poussière.

 

Au secours...Il me fait toujours autant d'effet. Voir plus qu'avant.

Comment est-ce possible...

lien permanent