98  posté le dimanche 16 décembre 2007 19:36

 

Je me dégageais vivement de son étreinte (à regrets...), et soulevais brusquement la

couette, courant presque de honte dans la salle de bain, pendant que Damien semblait

peu à peu reprendre ses esprits, ouvrant difficilement les yeux et laissant échapper

 un petit rire en me voyant aussi perturbée par cette nuit. Il en était sûr désormais, elle

l'aimait encore. Et il ne la laisserait plus lui filer entre les doigts, jamais ! Il caressa

tendrement l'emplacement où était Holly il y a encore quelques minutes, comme

il l'avait fait avec sa peau douce toute la nuit durant. Elle lui avait manqué...

Puis il se leva du lit et descendit dans la cuisine-salon.

 

-----------------------

~~ Pendant ce temps, dans la salle de bain ~~

 

 

Je me haïssais, je me maudissais, je me méprisais pour avoir eu un tel moment

de faiblesse envers lui, envers ce...cet...Ignoble personnage ! Je le détestais.

Voila, je m'étais enfin mise d'accord. Cette pensée me facilitait peut-être aussi

un peu les choses, me dire que je le détestais et que tout était de sa faute,

c'était plus simple que de me dire que je l'avais au fond souhaité, cet instant de

faiblesse. Non, il ne fallait pas que je craque maintenant. Une bonne douche,

et vite ! Histoire de totalement remettre à neuf cette peau que Damien avait

probablement effleuré une bonne partie de la nuit. Avec ses mains maudites,

sa bouche maudite, son corps maudit...Et terriblement attirant.

Je rougis une nouvelle fois à l'idée que nos deux corps aient été collés l'un à l'autre.

Au secours...

Une douche FROIDE !

 

Mais malgré le froid, l'eau sur ma peau, ma volonté de tout oublier...

Je sentais toujours ses mains délicates sur mon ventre, et ma furieuse envie

de retourner dans mon lit à ses côtés. J'avais honte, mais je n'avais toujours

pas changé. Il me faisait toujours mourir d'envie et d'amour.

Arriverais-je un jour à l'oublier ?

Cette cruelle interrogation me retournait l'estomac.

 

 

Je me recroquevillais en boule dans la douche, comme un enfant perdu et appeuré...

Que j'étais... Un enfant qui avait grandi un peu trop vite, et qui avait peur de ses

envies, de ses sentiments, de la douleur qu'il pourrait ressentir à nouveau.

 

Comment cet homme avait-il fait pour me réduire à néant, allant jusqu'à

m'empêcher inconsciemment de continuer à vivre comme je le voulais,

ayant trop peur de tomber une nouvelle fois. Il avait pris tout mes espoirs avec lui.

 

Je l'aimais oui, mais je le haïssais également.

Je savais ce qu'il me restait à faire.

lien permanent

99  posté le dimanche 16 décembre 2007 19:59

 

Damien s'attelait pour une des rares fois dans sa vie à faire le petit-déjeuner.

D'habitude, c'était plutôt à Holly de le préparer (et optionnelement de l'apporter

au lit), mais ce matin il voulait lui montrer son changement d'attitude.

Aujourd'hui, il allait racheter ses années de lacunes en preuves d'amour.

 

A peine avait-il préchauffé le four et sortit le lait du frigo que je descendais

silencieusement les escaliers, l'air blême en le voyant ainsi s'activer dans

ma cuisine. Il se prenait déja pour le maître des lieux apparement !

 

- Qu'est ce que tu fais ? demandai-je froidement.

 

 

- Ça se voit pas ? me taquina-il.

 

- Tu sais, c'est pas un croissant et un café qui vont me faire changer d'avis...

Surtout qu'il est à peine deux heures du matin !

Alors arrêtes tout de suite et pars, on sait tous les deux très bien où tout

ça va nous mener, encore une fois...

 

- Je fais des efforts, alors fais en aussi... souffla-il, en colère.

Je veux que notre situation s'arrange, je veux te prouver que j'ai changé !

 

- Personne ne change, Damien. Tu es toujours le même salaud que j'ai aimé.

Mais c'est terminé tout ça. Je ne t'aime plus.

 

- Tu mens ! Je sais que tu m'aimes encore,

 je l'ai bien senti tout à l'heure, et hier soir !

 

 

- Il ne s'est rien passé cette nuit, j'étais saoule, fin de l'histoire.

Respectes ma décision, s'il te plait.

 

- Il ne s'est rien passé parce que justement je te respectais !

Sinon crois moi que j'aurais pu faire ce que je voulais de toi !

Mais je suis resté là à te serrer dans mes bras, sans rien faire d'autre.

Si toi tu ne vois pas ça comme une preuve d'amour...

 

- Non, je vois ça comme une tentative pour me faire croire à ton évolution.

Mais tu restes le même ! Maintenant rentres chez toi, ta copine doit s'inquiéter...

 

- Mais je me fous d'elle ! Chez moi c'est aussi chez toi !

Comme ça l'a toujours été !

 

- Comme ça l'a été, Damien. Laisse cette histoire au passé, et continues

 à vivre comme tu l'as toujours fait. Ne t'inquiètes pas pour moi, je vais bien !

marmonnai-je, plus pour me convaincre moi que mon interlocuteur.

 

C'était l'affirmation de trop. Damien lâcha son plat et m'attrapa un peu

trop brusquement le bras, il ne lâchait pas et serrait de plus en plus fort.

 

 

- Je t'aime, putain de merde ! Je t'aime et je suis désolé !

Tu m'entends ?! Je suis DESOLE ! J'ai fait une erreur, j'en suis conscient !

Mais le pardon, tu connais ?! Nos vies sont liées quoi qu'il arrive, par ces

anneaux que nous avons gardés aux doigts ! Alors je ne te laisserais pas

gâcher notre dernière chance par peur de ce que j'ai été, je te préviens !

hurla-il en serrant encore plus mes deux bras.

 

- Tu...Tu me fais mal, lâches moi !

 

- Jamais, tu m'entends ! JAMAIS !

 

- DAMIEN ! criai-je en sanglotant,

essayant de lui faire retrouver ses esprits.

lien permanent

100 \o/  posté le lundi 17 décembre 2007 15:05

 

Il sembla en effet retrouver son calme en apercevant une larme couler le long

 de ma joue, et mes yeux emplis de terreur à le voir prêt à tout pour me récupérer,

même à me forcer. Il me faisait presque peur à cet instant...

 

- Tu es malade...me risquai-je à dire, choquée.

 

- Je suis désolé...C'est toi qui me rends fou...Je deviens dingue sans toi.

J'ai besoin de toi, Holly ! Alors ne me rejettes pas, je t'en prie...

J'ai besoin de toi, comme tu as besoin de moi...balbutia-il à mon oreille.

 

Il essuya alors d'un revers de main la seconde larme qui coulait le long de ma

joue, finissant sa course sur mes lèvres. Il emprunta le même chemin avec son

doigt et me caressa lentement la bouche quelques secondes, avant d'approcher

son visage à quelques millimètres du mien.

 

Des flashs de nos deux visages et corps collés

de cette façon me revinrent en mémoire...

 

 

Ce n'était pas bon, pas bon du tout...

Damien remarqua mon trouble évident, et en profita.

 

- Ne me rejettes pas, mon amour...

Les larmes que tu as versé par ma faute, je peux te les faire oublier.

 Laisse moi faire, laisse toi faire...Abandonne toi à moi...
Je te jure que plus jamais je ne te ferai souffrir...

Je vais prendre soin de toi, comme tu le mérites... me sussura-il,

 en me transperçant de son regard le plus meurtri et le plus sincère.

S'intéressant successivement à mes yeux, à mon coeur et à ma bouche, dont il ne

tarda pas à prendre possession, ne laissant pas le temps à mes craintes de prendre

le dessus.

 

lien permanent

101  posté le lundi 17 décembre 2007 15:28

~ Musique ;_; ~

Lovely Complex 4'ever <3

 

 

Je me laissais totalement aller dans ses bras, contre ses lèvres, 

unissant nos souffles.

Pour la première fois depuis des semaines, je me sentais bien...

Ce sentiment familier de plénitude revenait en moi, même si cette douleur

était toujours présente, j'avais décidé de l'ignorer pendant quelques instants.

De baisser les armes, d'abandonner le combat. 

Et de plonger dans ce semblant de bonheur et ce fragment du passé...

 

Ses bras...L'endroit où je me sentais à la fois la plus en sécurité et la plus

vulnérable. L'endroit où j'aimerais vivre et mourir...

 

 

Nous sommes restés ainsi plusieurs minutes, rebatissant notre petit monde.

Celui où rien d'autre n'avait d'importance, à part nous deux.

 

Jusqu'à ce que son portable ne sonne, me faisant quitter subitement mon rêve .

Nous n'étions pas seuls au monde...Des éléments extérieurs déjouaient en sa faveur.

 Des souvenirs aussi, des souffrances plus intenses que n'importe quelles autres.

Cette souffrance avait un nom...Milla...

 

 

Je me détachais de ses lèvres, curieuse et anxieuse de savoir qui

pouvait bien l'appeler ou lui envoyer un message à cette heure...

 

- Tu ne décroches pas ? hasardai-je, stressée.

 

- Rien d'important, oublies...murmura-il,

 en passant ses mains sous mon pull.

 

- Désolée...

 

- Pour quoi ?

 

- Pour ça...

 

 

Je posai à mon tour ma main sur sa hanche, et l'autre un peu plus bas.

Un sourire de satisfaction se dessina sur son visage.

 

- Tu n'as pas à t'excuser pour ça, bien au contraire.

 

- Si tu le dis, alors...

 

 

Je m'emparai de ses lèvres avec avidité, continuant mon jeu de mains

et desserant sa ceinture. Sauf que mon autre main, elle, continuait son

ascension le long de sa poche, à la recherche de son portable. Mais il ne

le remarqua même pas, trop occupé ailleurs.

 

 

Extirpant enfin le précieux appareil de sa poche, je le frappai

violemment à l'entrejambe, l'immobilisant à terre quelques secondes,

et je courais m'enfermer dans la salle de bain le portable à la main,

entendant au loin Damien pousser tous les jurons possibles et

inimaginables à mon encontre. Mais je voulais savoir...A tout prix.

 

lien permanent

102  posté le lundi 17 décembre 2007 16:26

 

 

Les mains tremblantes, agenouillée sur le carrelage de ma salle de bain et 

plaquée contre la porte, en espérant que Damien n'essaye pas à son tour

de la défoncer, je fixai son portable vibrer encore quelques secondes avant

qu'il ne s'arrête. A l'écran s'affichait "Milla", et quelques secondes plus tard :

"Messagerie : Vous avez un nouveau message"

Frémissante, je composai le numéro indiqué et écoutait le message...  

La voix de la jeune femme était oscillante et entrecoupée par ses sanglots.

 

 

"Damien, c'est moi...

Je m'inquiète, je ne sais pas où tu es depuis ce matin, mais c'est la première

fois que tu pars aussi longtemps sans me prévenir, et j'ai peur...

Peur que tu sois retournée la voir...

Pourtant ce que tu m'as dit hier soir au creux de l'oreille avant de t'endormir,

 je pensais que c'était vrai, que tu étais sincère ! Pourquoi me mens-tu sans

cesse ? Pourquoi me fais-tu consciemment du mal ? Je souffre Damien, je

souffre de t'aimer autant ! Alors je t'en prie, ne m'abandonnes pas, et reviens

vite auprès de moi...Tu me manques, je t'aime...Restes avec moi, et respectes

ta promesse je t'en prie, fais le pour nous..."

Fin des nouveaux messages.

 

 

Des promesses, des mensonges...

Rien que des belles paroles...

Toutes deux prises au piège.

lien permanent