
Damien s'attelait pour une des rares fois dans sa vie à faire le petit-déjeuner.
D'habitude, c'était plutôt à Holly de le préparer (et optionnelement de l'apporter
au lit), mais ce matin il voulait lui montrer son changement d'attitude.
Aujourd'hui, il allait racheter ses années de lacunes en preuves d'amour.
A peine avait-il préchauffé le four et sortit le lait du frigo que je descendais
silencieusement les escaliers, l'air blême en le voyant ainsi s'activer dans
ma cuisine. Il se prenait déja pour le maître des lieux apparement !
- Qu'est ce que tu fais ? demandai-je froidement.

- Ça se voit pas ? me taquina-il.
- Tu sais, c'est pas un croissant et un café qui vont me faire changer d'avis...
Surtout qu'il est à peine deux heures du matin !
Alors arrêtes tout de suite et pars, on sait tous les deux très bien où tout
ça va nous mener, encore une fois...
- Je fais des efforts, alors fais en aussi... souffla-il, en colère.
Je veux que notre situation s'arrange, je veux te prouver que j'ai changé !
- Personne ne change, Damien. Tu es toujours le même salaud que j'ai aimé.
Mais c'est terminé tout ça. Je ne t'aime plus.
- Tu mens ! Je sais que tu m'aimes encore,
je l'ai bien senti tout à l'heure, et hier soir !

- Il ne s'est rien passé cette nuit, j'étais saoule, fin de l'histoire.
Respectes ma décision, s'il te plait.
- Il ne s'est rien passé parce que justement je te respectais !
Sinon crois moi que j'aurais pu faire ce que je voulais de toi !
Mais je suis resté là à te serrer dans mes bras, sans rien faire d'autre.
Si toi tu ne vois pas ça comme une preuve d'amour...
- Non, je vois ça comme une tentative pour me faire croire à ton évolution.
Mais tu restes le même ! Maintenant rentres chez toi, ta copine doit s'inquiéter...
- Mais je me fous d'elle ! Chez moi c'est aussi chez toi !
Comme ça l'a toujours été !
- Comme ça l'a été, Damien. Laisse cette histoire au passé, et continues
à vivre comme tu l'as toujours fait. Ne t'inquiètes pas pour moi, je vais bien !
marmonnai-je, plus pour me convaincre moi que mon interlocuteur.
C'était l'affirmation de trop. Damien lâcha son plat et m'attrapa un peu
trop brusquement le bras, il ne lâchait pas et serrait de plus en plus fort.

- Je t'aime, putain de merde ! Je t'aime et je suis désolé !
Tu m'entends ?! Je suis DESOLE ! J'ai fait une erreur, j'en suis conscient !
Mais le pardon, tu connais ?! Nos vies sont liées quoi qu'il arrive, par ces
anneaux que nous avons gardés aux doigts ! Alors je ne te laisserais pas
gâcher notre dernière chance par peur de ce que j'ai été, je te préviens !
hurla-il en serrant encore plus mes deux bras.
- Tu...Tu me fais mal, lâches moi !
- Jamais, tu m'entends ! JAMAIS !
- DAMIEN ! criai-je en sanglotant,
essayant de lui faire retrouver ses esprits.


Commentaires