
Tout était déja
prêt, la maison était décorée comme lors
de mon enfance.
Je souriais inconsciemment, je
n'avais absolument pas ressenti cet esprit
festif chez moi, où un
sapin miniature trônait sur le salon, perdu parmi
mes
cartons, et dans les rues qui
n'étaient pas plus décorées que
ça.
Mais je devais avouer qu'ici, je
retournais facilement quinze ans en arrière,
quand je préparais
impatiamment le sapin avec ma famille et secouais les
cadeaux pour essayer de deviner
ce qui pouvait bien se cacher à l'intérieur
!

Je regrettais amèrement
cette innocence enfantine qui nous permettait
d'être
émerveillés pour
un petit rien, d'être aux anges et à 1000 lieux des
problèmes
des adultes. Moi, ces
problèmes, même dans cet havre de paix
apparent,
je n'arrivais pas à les
laisser au placard, et encore moins ce soir.
Tout me semblait si loin, alors
que l'année dernière encore, je traversais cette
pièce
main dans la main avec
Damien...Tout changeait en un quart de seconde dans la
vie,
impossible de se préparer
à quoi que ce soit. Juste devoir accepter,
difficilement.
- Enfin, ta mère
commençait à s'inquiéter !
Ton train a pris du retard ?

Mon père. Que le coup des
années n'avait pas trop abimé encore.
Il restait le même. Pas
méchant, mais peut-être un peu trop
autoritaire
et froid. "Je veux le meilleur
pour ses enfants", ce sont ses mots.
Si vous voulez mon avis, il veut
le meilleur pour compenser ses propres erreurs.
Mais là n'est pas la
question. Face à mon silence, ils me
dévisagèrent quelques
secondes.

- Tu es magnifique ma
chérie avec cette coupe,
ça te rajeunit
terriblement !
Ma mère. Très
douce, calme, posée, mais peut-être un peu
trop
curieuse et moralisatrice. On
devait absolument suivre son exemple
pour vivre heureux. Tout choix
différent du sien s'avérait à ses
yeux
une énorme erreur, et mon
divorce en faisait évidemment partie.
Elle, elle avait pardonné
à mon père ses "petits" écarts de
conduite,
pour nous, et par peur de la
solitude. Moi, plus rien ne me retenait à
Damien,
excepté ma souffrance, et
mon amour, encore un peu trop présent à mon
goût.
Mais ça, jamais je ne
leur avouerais !
Je me contentais de leur sourire
en hochant la tête, et montais rejoindre
mon frère, celui qui
était le mieux placé pour me comprendre,
assurément.
*curieuseuuuuh*
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